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Dans le cadre du « Programme d’actions structurées des acteurs de la Lutte contre la Désertification » (PASS-LCD), le CARI et ses partenaires souhaitent valoriser les femmes et les hommes œuvrant quotidiennement pour la promotion de l’agroécologie au Sahel. Ces porte-paroles de l’agroécologie mènent des actions de plaidoyer à différentes échelles (locale, nationale, internationale) et travaillent auprès des populations locales pour favoriser l’émergence des pratiques agroécologiques et démontrer leur pertinence dans la lutte contre la désertification.

 

Découvrez les premiers portraits des Porte-paroles de l’Agroécologie, réalisés durant la Rencontre régionale autour de l’intensification agroécologique qui s’est déroulé au Sénégal du 11 au 13 septembre 2024.

 

M. Souleymane Ousmane se présente avant tout comme un producteur nigérien en agriculture biologique. Il est membre du premier collectif de producteurs biologiques au Niger : le Groupement d’Intérêt Économique Bio Bon Beau (GIE 3B).

Résolument convaincu par l’agroécologie comme principe de vie, il est également référent sur le sujet au sein du Réseau de Chambres d’Agriculture (RECA-Niger).

Souleymane Ousmane, membre du premier collectif de producteurs biologiques au Niger

Souleymane Ousmane est agronome de formation, et intervient en appui aux agriculteurs, il est rapidement confronté à la nécessité d’allier la théorie et la pratique, pour pouvoir mieux connaître et comprendre les enjeux rencontrés par les paysans. C’est ce qui l’a amené à devenir lui-même agriculteur.

Il a rencontré l’agroécologie, dans toutes ses dimensions, grâce au projet ACOTAF (Renforcer le conseil agricole pour accompagner les transitions agroécologiques de l’agriculture familiale en Afrique sub-saharienne) dont il était le point focal au Niger.

Lorsqu’on lui demande quels sont les leviers pour assurer une transition agroécologique des systèmes de production à plus large échelle, Souleymane OUSMANE nous répond que le plus important est de conscientiser les producteurs sur ce qu’on veut obtenir avec l’agroécologie. Il faut créer l’envie chez eux d’explorer d’autres solutions aux contraintes qu’ils rencontrent. Cet aspect est essentiel en parallèle du travail conduit par le RECA pour produire des références techniques sur les solutions agroécologiques liées aux enjeux des différents systèmes de production qu’on retrouve au Niger.

D’après Souleymane OUSMANE, réfléchir à la transition agroécologique nécessite de se poser de nouvelles questions : quelles leçons tirer des initiatives qui n’ont pas fonctionné (comme la diffusion à large échelle des semences paysannes) ? En termes de main d’œuvre, est-ce que c’est pertinent d’aller vers l’agroécologie sans mécanisation adaptée ? Dans le contexte du Niger, quel réalisme y a-t-il à vouloir se passer à 100% des engrais de synthèse, alors que la disponibilité de matière organique est insuffisante ?

Alors que la sécurité alimentaire est un vrai enjeu au Niger, l’intensification agroécologique doit se penser sur le terrain, et doit se nourrir des contraintes réelles et pour ne pas rester cantonnée à une vision idéaliste.

« Au sein du RECA, nos travaux sur l’agroécologie ont permis de faire évoluer notre perception et notre manière d’observer les acteurs sur le terrain. Par ailleurs, les perspectives de travaux de recherche ne manquent pas : sur la disponibilité des intrants de production (Bioproduits), sur les semences maraîchères (qui à l’heure actuelle sont quasiment toutes importées), sur les produits de traitement naturels… »

« Il faut être un peu humain pour faire de l’agroécologie. Un focus groupe, une discussion, une visite terrain peuvent renseigner autant que des semaines de recherche scientifique ou technique ».

Souleymane OUSMANE a contribué à plusieurs articles du N° 85 de la Revue Grain de Sel publiée en 2023 par Inter-réseaux Développement rural et dédiée à la transition agroécologique :